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Dimensionner un module de relevage : hauteur, débit et courbe
Choisir & dimensionner

Dimensionner un module de relevage : hauteur, débit et courbe

Dimensionner un module de relevage : hauteur manométrique totale, lecture de la courbe, diamètre du refoulement et vitesse. Les étapes, avec leurs sources.

Portrait de Nadia Ferrand par Nadia Ferrand Publié le
Durée
6 min
Rubrique
Choisir & dimensionner
Mis à jour
3 novembre 2026

Dimensionner un module de relevage, c’est choisir une pompe et un refoulement à partir de quatre données : la hauteur de refoulement, le débit de pointe, l’alimentation électrique et la nature de l’eau à évacuer. La pompe se choisit sur sa courbe débit/hauteur, jamais sur un chiffre isolé. Voici les étapes du calcul et les repères à connaître.

Ce qu’on dimensionne : débit, hauteur, nature de l’eau

Pour la Fédération française du bâtiment (FFB), les paramètres clés d’une station de relevage sont la hauteur de refoulement, le débit de pointe, l’alimentation électrique et la nature de l’eau. Cette dernière compte : des eaux vannes et des eaux domestiques sans vannes ne demandent pas le même refoulement.

Si le fonctionnement de l’appareil est encore flou, lisez d’abord ce qu’est un module de relevage. Pour savoir si la pompe broie les matières, voyez la pompe dilacératrice. Et pour le nombre de pompes, simple ou double pompe.

La hauteur manométrique totale, pas à pas

La hauteur manométrique totale, ou HMT, est la hauteur que la pompe doit réellement vaincre. Elle additionne la hauteur géométrique, les pertes de charge dans la tuyauterie et la pression résiduelle que l’on veut obtenir en sortie. Oublier les pertes de charge est l’erreur classique : on ne dimensionne pas sur la seule hauteur « à vol d’oiseau ».

  1. Hauteur géométriqueMesurez la différence de niveau entre la pompe et le point de rejet.
  2. Pertes de chargeComptez les frottements dans le refoulement, coudes compris.
  3. Pression résiduelleAjoutez la pression que l’on veut conserver en sortie.
  4. HMTLa somme des trois donne la hauteur à vaincre.
  5. Courbe de la pompeVérifiez le débit que la pompe donne à cette hauteur.

Cinq étapes, de la mesure sur place jusqu’à la lecture de la courbe du fabricant.

Une conversion utile si une notice parle en bars : 1 bar correspond à environ 10,2 m de colonne d’eau. Les coefficients de pertes de charge dépendent de la tuyauterie : ils se lisent dans la notice du fabricant ou se calculent avec le professionnel qui étudie votre installation.

Lire une courbe de pompe

Un débit annoncé par un fabricant n’existe qu’à une hauteur donnée. Choisir une pompe sur son seul débit maximal revient donc à lire la moitié de l’information : il faut toujours savoir à quelle hauteur ce débit est donné.

Concrètement, relevez sur la notice du fabricant la courbe du modèle envisagé, puis placez-y votre hauteur manométrique totale. Si le point tombe en bout de courbe, demandez à un professionnel de confirmer le choix avant l’achat.

Le refoulement : diamètre, pente et vitesse

La FFB donne plusieurs repères pour le refoulement et les collecteurs. Le diamètre nominal minimal est de 80 mm pour les effluents et de 32 mm pour les eaux domestiques sans vannes. La pente des collecteurs est d’au moins 1 %, et le refoulement doit résister à au moins 1,5 fois la pression maximale de la pompe. Sa section ne doit pas se réduire dans le sens de l’écoulement.

80 mmdiamètre nominal minimal du refoulement pour les effluents (FFB)

1 %pente minimale des collecteurs (FFB)

1,5 ×résistance du refoulement par rapport à la pression maximale de la pompe (FFB)

10,2 mde colonne d’eau pour environ 1 bar

Pour les collecteurs, la FFB retient le plus fort débit à 100 % et les autres stations à 40 %. Côté vitesse, selon des notices de fabricants, l’écoulement dans le refoulement se situe au minimum autour de 0,7 m/s, et l’une d’elles cite une plage de 0,7 à 2,3 m/s en renvoyant à la norme EN 12056-4. La notice du modèle que vous envisagez précise la vitesse retenue pour son refoulement.

La conformité du produit lui-même relève d’un autre texte, présenté dans la norme NF EN 12050 appliquée au module de relevage.

Pourquoi faire valider par un professionnel

Le débit de chaque appareil raccordé, le volume utile de la cuve, le nombre de cycles par heure et les coefficients de pertes de charge se lisent dans la notice du fabricant du modèle retenu, puis se croisent avec votre installation. Faites établir plusieurs devis écrits qui détaillent la hauteur manométrique retenue, le diamètre du refoulement et le modèle de pompe proposé.

Un professionnel du relevage reprend votre configuration, calcule la HMT et vérifie la courbe. Pour la pose, voyez l’installation d’un module de relevage ; pour une étude de votre cas, demandez un devis, après avoir consulté les communes desservies.

Dans la même rubrique, voir aussi : module de relevage intérieur ou enterré.

Questions fréquentes

Comment calculer la hauteur de refoulement ?

On additionne la hauteur géométrique, les pertes de charge du refoulement et la pression résiduelle voulue : c’est la hauteur manométrique totale. On la repère ensuite sur la courbe débit/hauteur de la pompe.

Que veut dire HMT ?

HMT signifie hauteur manométrique totale : la hauteur réelle que la pompe doit vaincre, pertes de charge comprises.

Quel volume de cuve choisir ?

Cela dépend du modèle et de l’installation. La notice du fabricant précise le volume de la cuve de chaque modèle ; un professionnel vérifie qu’il convient à votre usage.

Peut-on prendre une pompe plus puissante ?

Pas sans vérification. Une pompe plus puissante change la vitesse dans le refoulement et les pertes de charge ; un professionnel doit valider le choix sur la courbe.

Sources

Fédération française du bâtiment (FFB), Installer une station de relevage, et Les conditions de raccordement à une station de relevage pour l’évacuation des eaux. Vitesses d’écoulement : notices de fabricants de pompes.

Portrait de Nadia Ferrand

Nadia Ferrand

Rédaction, modulederelevage.com

Rédactrice spécialisée dans l’habitat et l’évacuation des eaux, Nadia part des situations concrètes des particuliers : sous-sol à équiper, alarme qui sonne, odeurs, démarches de raccordement.